L'antilope saïga, une espèce à la vie difficile

16 octobre, 2019
L'antilope saïga est un animal en danger d'extinction, mais la chasse illégale n'est pas sa seule menace. Découvrez comment le réchauffement climatique est lié à la mort de plus de 90% de la population des antilopes saïgas au cours des 20 dernières années.
 

L’antilope saïga est un animal curieux qui a subi des pertes incalculables ces dernières années. Les scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour empêcher cette espèce de complètement disparaître.

Les antilopes saïga sont des animaux migrateurs qui peuplent les plaines et les zones semi-arides de l’Asie centrale. Tout au long de l’année, les antilopes saïga migrent au Kazakhstan, en Mongolie, dans le sud de la Russie, au Turkménistan et en Ouzbékistan.

En général, ces animaux parcourent environ 1000 kilomètres chaque année. Les migrations des antilopes saïga se font généralement du nord au sud, et inversement. Cependant, divers scientifiques ont signalé des mouvements erratiques et nomades, de temps à autres.

La caractéristique la plus représentative de cette classe d’antilopes est peut-être son nez bombé. Ce nez est un vestige de son évolution. Son organe olfactif s’est développé pour devenir un filtre à air.

Le nez de l’antilope saïga est large et souple, avec une structure interne complexe aux objectifs multiples. Pendant les migrations, son nez filtre l’air pour empêcher la poussière et la saleté soulevées par le galop de pénétrer dans les poumons. Pendant la saison hivernale, il réchauffe l’air avant qu’il n’atteigne les poumons, permettant ainsi à l’animal de maintenir une température corporelle stable.

 

Les femelles saïga migrent vers les zones de reproduction lorsque le printemps arrive. Ces zones sont les mêmes depuis des dizaines d’années, de vastes prairies aux herbes hautes.

 

Malheureusement, l’antilope saïga est sérieusement menacée par la chasse illégale. Les cornes de l’antilope saïga se vendent à un prix très élevé sur le marché noir. En Chine, les cornes de l’antilope saïga sont considérées comme des éléments de grande valeur traditionnelle.

Une antilope taïga

Sur la mort massive de l’antilope saïga

La chasse illégale n’est pas la seule menace pour l’antilope saïga. Il existe un ennemi silencieux qui, au fil des ans, a réussi à exterminer plus de 90% de la population totale d’antilopes.

En 2015, environ 200 000 antilopes saïga sont mortes subitement en quelques jours. Les chercheurs on été horrifiés par ce phénomène, à savoir que des milliers de spécimens se sont effondré sans raison apparente dans les Prairies du Kazakhstan.

Les antilopes étaient toujours rassemblées dans leurs lieux de reproduction habituels au moment de la catastrophe. Plusieurs experts – vétérinaires, zoologues et écologistes – ont reconnu n’avoir jamais rien vu de tel.

Une antilope saïga dans son habitat naturel
 

 

Après plusieurs analyses, on a découvert que la cause du décès était une infection grave du sang causée par une bactérie. Cette infection a provoqué une hémorragie interne grave et, bien évidemment, une septicémie.

Des études récentes ont montré que la prolifération de bactéries mortelles résultait du climat de l’époque : très humide et trop chaud. Après avoir étudié les preuves historiques de recherches antérieures sur les antilopes, les scientifiques en ont conclu quelque chose de surprenant.

La catastrophe de 2015 n’est pas la seule mort massive qu’ont subi les antilopes saïga. Cette espèce a en effet connu périodiquement des morts subites de la plupart des membres de sa population.

L’analyse des preuves historiques a permis aux experts de déduire que le climat présentait des conditions similaires à chaque décès massif. Mais, pourquoi le climat chaud et humide a-t-il une incidence sur la prolifération des maladies ?

Réchauffement climatique, migrations et maladies infectieuses

Le réchauffement climatique est un phénomène qui préoccupe les gouvernements et les citoyens du monde entier depuis des années. Mais le réchauffement climatique n’affecte pas que les humains.

L’accélération du changement climatique en raison de l’industrialisation humaine a en effet eu de graves conséquences pour la faune et la flore du monde entier. En raison du réchauffement climatique, un grand nombre d’espèces ont du migrer vers des climats plus propices à leur survie.

 

 

De nombreuses espèces de faune et de flore réagissent face aux températures élevées et se déplacent vers des climats plus froids. Cela implique que de nombreux insectes vecteurs de maladies se déplacent également.

À mesure que les températures augmentent et que les conditions météorologiques changent, les périodes de pluie changent également. Les parasites associés à la pluie dans les régions tropicales – tels que les moustiques – se multiplient par conséquent comme jamais auparavant.

Les scientifiques savent depuis longtemps que les climats chauds constituent l’environnement idéal de la prolifération des maladies. Les bactéries se multiplient en effet beaucoup plus rapidement dans les climats chauds et humides.

L’augmentation de la température et les variations des précipitations affectent les animaux différemment, en fonction de leur physiologie et de leur tolérance aux changements climatiques.

Dans le cas de l’antilope saïga, la bactérie responsable de sa mort massive se trouve toujours dans ses narines. C’est néanmoins l’augmentation de la température qui a provoqué la prolifération incontrôlée de bactéries dans le corps des saïgas.

Nous devrions essayer de limiter notre production de gaz nocifs pour l’environnement si nous espérons conserver l’antilope saïga. Comme pour de nombreuses autres espèces, la survie des saïgas dépendra de la protection à long terme de l’environnement mondial.

 

 
  • Kock, R.; Orynbayev, M.: Robinson, S. (2018) Saigas on the brink: Multidisciplinary analysis of the factors influencing mass mortality events. Science Advances, Vo. 4.
  • Altizer, S.; Ostfeld, R. (2013) Climate Change and Infectious Diseases: From Evidence to a Predictive Framework. Science, Vol. 341.