Connaissez-vous le aye-aye ?

9 avril 2019
La main de l'aye-aye est munie d'un troisième doigt plus long et plus fin que les autres qui lui permet de creuser et de localiser des insectes pour les manger.

L’aye-aye est une curieuse espèce de mammifère endémique de l’île de Madagascar. Il est aujourd’hui en danger d’extinction. C’est malheureusement cette menace d’extinction qui l’a fait connaître au monde. Dans cet article, vous découvrirez ses principales caractéristiques, son habitat, son régime alimentaire et son mode de reproduction.

Caractéristique morphologiques et taxonomie de l’aye-aye

L’aye-aye (Daubentonia madagascariensis) est une espèce de primate apparentée aux lémuriens. Il s’agit d’un animal rare. En effet, il est à ce jour le seul représentant vivant de son genre (Daubentonia). L’autre espèce proche de l’aye-aye, l’aye-aye géant, a disparu il y a environ 1 000 ans.

Sa rareté est telle que, lorsque les scientifiques l’ont découvert, ils ont pensé avoir affaire à un « étrange écureuil ». Cependant, les caractéristiques morphologiques qu’il partage avec les strepsirrhiniens (des primates à la truffes humides) montrent qu’il s’agit d’une espèce de primate assez primitive.

Principaux aspects morphologiques

Le aye-aye est un animal de taille moyenne d’un gabarit similaire à celui d’un chat domestique adulte. Il mesure environ 40 centimètres et possède une queue d’environ 15 centimètres de long.

Il est assez léger par rapport à sa taille et pèse rarement plus de trois kilos. Cette légèreté permet à ce mammifère de se déplacer rapidement et d’échapper facilement à ses prédateurs.

D’un point de vue morphologique, l’aye-aye se distingue particulièrement par ses oreilles au bout arrondi et ses grands yeux jaunes légèrement globuleux. Ces caractéristiques oculaires constituent un trait typique chez les animaux nocturnes et leur permettent de mieux voir en l’absence de lumière naturelle.

aye-aye dans un arbre

Ses pattes sont courtes et présentent un aspect étrange. Elles sont, en effet, pourvues de phalanges longues et fines. L’aye-aye possède également des griffes pointues et tranchantes au bout des doigts.

Curieusement, le troisième doigt de l’aye-aye est plus long et plus fin que les autres. Ce primate s’en sert pour creuser et trouver des insectes. On sait également que cette troisième phalange est très sensible aux vibrations et que la température corporelle de l’aye-aye augmente lorsqu’il est en quête de nourriture.

Habitudes et alimentation de l’aye-aye

Les aye-aye sont des animaux arboricoles (qui vivent dans les arbres) aux habitudes nocturnes. Ils sont omnivores et consomment majoritairement des insectes et des larves. Ils se nourrissent aussi de fruits et de graines pour satisfaire leurs besoins nutritionnels.

Comme nous avons pu le constater, le troisième doigt long et fin de l’aye-aye joue un rôle essentiel pour lui permettre de se nourrir. De fait, l’aye-aye s’en sert pour frapper l’écorce des arbres, à la manière d’un pic-vert qui se sert de son bec. Toutefois, parmi les mammifères, les lémuriens sont les seuls à avoir développé cette capacité.

Lorsqu’il parvient à creuser un petit trou dans le tronc d’un arbre, l’aye-aye y introduit son doigt pour en extraire des insectes, des larves ou des vers. Son troisième doigt sensible aux vibrations lui permet de localiser avec précision ses proies situées à l’intérieur de l’arbre.

L’aye-aye peut également compter sur son ouie très fine pour détecter les creux sous l’écorce des arbres. Un son creux indique que le bois a été mangé par des larves ou des insectes.

aye-aye dans une forêt

Habitat et reproduction de l’aye-aye

Comme mentionné dans l’introduction, l’aye-aye est une espèce autochtone et endémique de l’île de Madagascar sur le continent africain. On recense aujourd’hui 2 500 individus répartis sur toute l’île africaine, surtout dans la zone orientale.

Dans son habitat, l’aye-aye peut se reproduire toute l’année. Il n’existe, en effet, pas de période de reproduction spécifique chez ces animaux. Les femelles montrent qu’elles sont réceptives lorsqu’elles acceptent de rester 24 heures sur 24 en compagnie des mâles.

Même si certains individus peuvent se montrer assez sociables, cette cohabitation jour et nuit entre les femelles et les mâles ne dure que pour la reproduction. Les mâles, en revanche, se montrent agressifs entre eux. Ils peuvent même en arriver à se battre jusqu’à la mort.

Les femelles ne donnent naissance qu’à un seul petit au bout de chaque gestation. Elles s’occupent de lui jusqu’à ce qu’il soit capable de survivre seul. En général, les femelles n’acceptent de se reproduire à nouveau que deux à trois ans après leur dernière gestation.

Dans des conditions de développement idéales, l’espérance de vie de l’aye-aye est estimée à environ 20 à 23 ans. C’est pourquoi il faut tenir compte de ses principaux prédateurs dont l’homme fait partie.