Gigantisme et nanisme insulaires : à quoi correspondent ces phénomènes ?

21 juillet 2019
Le gigantisme et le nanisme insulaires sont les noms données à deux processus évolutifs affectant les animaux et les plantes qui vivent sur une île ou un archipel, à l'écart du continent. Ces phénomènes sont le résultat du besoin des animaux et plantes de survivre aux conditions externes.

Ces deux mécanismes connus sous les noms de gigantisme et nanisme insulaires se manifestent chez certaines espèces endémiques des îles de notre planète. Dans cet article, vous découvrirez tout ce que vous devez savoir à ce sujet.

Qu’est ce que le gigantisme et le nanisme insulaires ?

Tout d’abord, il est essentiel d’expliquer à quoi nous faisons référence lorsque nous parlons de gigantisme et de nanisme insulaires. Dans les deux cas, il s’agit d’une réponse évolutive des espèces animales (et également végétales) vivant sur des îles se trouvant à l’écart des continents.

Le gigantisme insulaire

En ce qui concerne le gigantisme insulaire, les spécimens grandissent plus que leurs ancêtres. Cela peut être dû à trois causes principales :

1. Absence de prédateurs

Lorsqu’un animal est petit, il est plus vulnérable. Il peut donc plus facilement être mangé par les autres, mais il lui est également plus facile de se cacher. Si sur l’île où il réside, l’être vivant n’est pas chassé, il n’aura aucun problème à grandir davantage.

2.  Manque de compétition

Une autre cause du gigantisme insulaire est l’absence d’espèces adversaires se battant pour les mêmes ressources. En étant « uniques », ils peuvent manger davantage et par conséquent grandir davantage.

3. Présence de grosses proies

Lorsque l’aliment est très imposant, les animaux ont tendance à s’adapter. Une bonne manière de s’adapter est donc de grandir également.

Le nanisme insulaire

En ce qui concerne le nanisme insulaire, le processus évolutif est opposé au processus antérieur. Le nanisme insulaire est d’ailleurs plus courant que ce que nous pourrions imaginer. En étant « enfermés » dans un habitat restreint (l’île), certains animaux rétrécissent afin de pouvoir s’adapter au manque de ressources.

Exemples de gigantisme insulaire

Les rongeurs et les oiseaux sont de bons exemples de gigantisme insulaire mais ils ne sont pas les seuls à adopter ce mécanisme. La majorité des espèces qui se sont développées plus que d’habitude ont disparu. Cependant, il en reste quelques unes qui sont :

1. La tortue géante des Galápagos

Il existe au total 10 espèces de tortues correspondant à la dénomination globale « tortues géantes des Galápagos« . Elles sont liées entre elles et sont les plus grosses tortues au monde. Elles habitent sur cette île de l’océan Pacifique qui appartient à l’Equateur.

La tortue Chelonoidis nigra a des exemplaires atteignant jusqu’à 2 mètres et pesant une demie tonne. L’espérance de vie peut même atteindre 170 ans.

2. Les wetas

Ce sont l’un des insectes les plus grands et les plus lourds du monde. Leur habitat correspond à l’île de la Nouvelle-Zélande. Le weta géant peut mesurer jusqu’à 10 centimètres et peser 30 grammes. Les mâles sont plus grands que les femelles et également plus agressifs.

gigantisme et nanisme insulaires : les wetas

Au cours de la journée, ils restent cachés dans des trous ou dans des arbres. Lorsque la nuit tombe, ils sortent chasser grâce à leurs mandibules puissantes leur permettant de se nourrir de scarabées ou de mites.

3. Le fossa

Il s’agit d’un mammifère carnivore endémique de l’île de Madagascar considéré comme l’unique prédateur de son territoire. En comparaison à des spécimens anciens, le fossa actuel mesure et pèse le double.

fossa

On peut aujourd’hui trouver des mâles de 80 centimètres de long, plus de 90 centimètres de queue et 10 kilos de poids total.

Exemples de nanisme insulaire

Le processus connu sous le nom de nanisme insulaire est plus commun chez les mammifères. En revanche, il peut également être observé chez certains reptiles. Parmi eux, on trouve notamment :

1. Le renard gris insulaire

Il s’agit d’un petit canidé en danger d’extinction. Il vit sur les îles de Santa Barbara, en face des côtes de la Californie. C’est le renard le plus petit de l’Amérique du nord. Son corps est similaire à celui d’un chat domestique : 50 centimètres de long, plus de 20 centimètres de queue et 2 kilos de poids total.

renard gris insulaire

2. Le crocodile de Cuba

Ce reptile est le plus petit de la famille, il ne dépasse pas 3 mètres de long. Comme son nom l’indique, il vit à Cuba. Son habitat est donc très réduit. Il s’alimente d’oiseaux, de poissons et de mammifères. Malgré sa taille, c’est l’un des plus dangereux au monde.

crocodile de Cuba

Le gigantisme et le nanisme insulaires sont sans doute une forme d’évolution adoptée par les animaux pour s’adapter à leur habitat. Cependant dans de nombreux cas, en raison de l’ajout de facteurs externes (tels que l’apparition de l’Homme), ils ne peuvent pas survivre et disparaissent.

 

  • Lomolino, M. V. (2005). Body size evolution in insular vertebrates: Generality of the island rule. Journal of Biogeography. https://doi.org/10.1111/j.1365-2699.2005.01314.x