Quand utiliser un collier anti-aboiement ?

· 28 octobre 2018
Outre le fait de ne pas atteindre le résultat escompté, ces accessoires peuvent générer des problèmes de santé physique et mentale ; ils peuvent également agir alors même que le chien n'a pas l'intention d'aboyer, simplement par une stimulation de la gorge, ce qui les rend peu recommandables.

Aboyer constitue l’une des habitudes les plus dérangeantes des chiens. Certaines personnes envisagent d’utiliser un collier anti-aboiement lorsque un chien aboie beaucoup. Nous expliquerons ici ce qu’ils sont. Et comment ils fonctionnent.

Qu’est-ce qu’un collier anti-aboiement

Un collier anti-aboiement est un type de collier qui intègre un dispositif s’activant lorsqu’il détecte une activité dans la gorge du chien. Ce dispositif envoie des stimuli désagréables à l’animal pour éviter qu’il n’aboie. Les plus courants sont les décharges électriques, mais il peut également s’agir d’ultrasons, de vibrations ou d’aérosols.

Ces colliers cherchent à punir le chien lorsqu’il aboie, afin qu’il cesse de le faire. L’objectif est de faire en sorte que le chien associe les sons émis par la gorge à un stimulus désagréable. Il n’émettra donc pas de sons pour éviter ce stimulus.

Il s’agit de la théorie se trouvant derrière ce type de colliers. Elle ignore cependant qu’il existe de nombreuses causes à l’origine des aboiements. Que tous ne sont pas des volontaires. L’aboiement est un élément de la communication, mais il existe de nombreux types d’aboiements. On peut pas éviter, par exemple, les aboiements d’origine émotionnelle.

Conséquences physiques de l’utilisation d’un collier anti-aboiement

Il existe de nombreux types de colliers anti-aboiement, et tous ont des conséquences sur la santé des chiens. Ce type d’appareil est placé sur la gorge de l’animal. Autrement dit sur l’une des parties les plus délicates de son corps : des glandes sécrétant des hormones se trouvent dans la gorge, notamment la glande thyroïde. Outre le fait d’être ramifiés, certains des nerfs les plus importants du corps se connectent directement avec la moelle épinière. Donc avec le reste du corps et avec le cerveau.

La plupart de ces colliers anti-aboiement sont électriques. En d’autres termes, ils envoient un courant électrique dans le cou  – et par conséquent dans les principaux nerfs du corps – chaque fois qu’ils détectent une vibration dans ce dernier. Les constructeurs prétendent qu’il s’agit d’une tension très basse. Il faut néanmoins que le collier génère de la douleur, même très légère, pour que la sanction soit efficace.

collier anti-aboiement

Toute tension ou douleur dans le cou a des conséquences sur le reste du corps car elle se diffuse dans la moelle épinière. Les décharges électriques provoquent des contractions musculaires, des contractures, des problèmes neuronaux, des tachycardies… Elles modifient le fonctionnement normal du système lymphatique, du système circulatoire. Elles peuvent affecter le métabolisme du fait de son contact direct avec la thyroïde.

Les colliers émettant des ultrasons affectent l’ouïe. Ils peuvent provoquer l’apparition d’acouphènes, condition très difficile à diagnostiquer chez les animaux. Ils affectent l’équilibre et l’orientation en plus de causer une douleur physique et un profond mal-être.

Les dispositifs diffusant un aérosol le font directement sur les narines des chiens. L’odorat est le sens le plus important chez ces animaux. Y appliquer des produits aussi agressifs que la citronnelle peut générer une perte de sensibilité ou endommager les glandes odorantes. Ils provoquent de la douleur, une incapacité à communiquer à travers une odorat, des démangeaisons. Ils peuvent également endommager les muqueuses (il sèchent ou provoquent un excès de mucus).

Modifier l’odorat d’un chien constitue le plus important préjudice pouvant lui être fait. Il s’agit en effet de sa manière de connaître le monde et d’interagir avec les autres chiens. L’odorat est essentiel à son bien-être physique et mental.

Il a été démontré que l’utilisation de ces dispositifs génère un stress continu chez les chiens. Les niveaux de cortisol dans le sang augmentent avec le stress. Le cortisol provoque des sautes d’humeur, une incapacité à se reposer, de l’irritabilité, des problèmes digestifs (vomissements ou diarrhée sans cause apparente) et, parmi beaucoup d’autres choses, un état émotionnel plus sensible, ce qui engendre une moindre maîtrise de soi et donc un pire comportement.

Conséquences psychologiques de l’utilisation d’un collier anti-aboiement

Ces colliers ont non seulement des conséquences physiques, mais aussi psychologiques. L’utilisation de la punition continue chez les chiens ne fonctionne pas. Elle aggrave en outre leurs problèmes de comportement d’originaux.

Les colliers anti aboiement, électriques ou de tout autre type, émettent un stimulus désagréable lorsque le chien s’apprête à utiliser la gorge. Le chien ne sait pas d’où provient le stimulus négatif. Ce dernier se situe au niveau de son cou mais il ne peut pas le voir.
collier anti-aboiement pour les chiens qui aboient trop

Le collier peut en outre s’activé pour d’autres raisons que l’aboiement. En effet, un aboiement sans son, un reniflement, un grognement ou une erreur dans la manipulation de la commande activent également le dispositif. Le chien ne peut dès lors pas prévoir le stimulus négatif. Il ne sait par ailleurs pas non plus ce qui le provoque.

Tout cela se traduit par des peurs, de l’insécurité et du stress. Les chiens stressés ont un comportement pire que les chiens détendus. Le collier anti-aboiement ne fait donc qu’aggraver le problème initial ou en créer de nouveaux. L’insécurité engendre des chiens dont les réponses sont imprévisibles et inconnues.

La peur chez le chien est la principale cause d’agressivité. Et donc d’attaque et de morsure. Les chiens préfèrent fuir face à un stimulus désagréable pouvant être évité. Cependant, dans la mesure où ils ne savent pas ce qui leur cause douleur et mal-être, ils ne peuvent faire face qu’à ce qu’ils rencontrent pour tenter de les faire disparaître.

Outre les mauvaises relations que le chien assimile lors de son entraînement, les dommages psychologiques causés par l’utilisation de colliers électriques, tels que l’insécurité, la peur, l’agressivité, peuvent s’avérer irréversibles ou nécessiter un traitement très onéreux et difficile. Ces colliers peuvent générer des séquelles à vie.

Par conséquent, quand utiliser un collier anti-aboiement ?

Malgré toutes les caractéristiques technologiques offertes par les fabricants, telles que la différence de puissance, l’imperméabilité, la portée de la télécommande… Aucun collier anti-aboiement n’est en mesure de distinguer ce qui est à l’origine des aboiements.

 

Il existe de nombreux types d’aboiements. Certains sont appris. Nous avons enseigné aux chiens que, ce faisant, ils obtiennent une récompense. Mais d’autres sont émotionnels. En égard au stress, à la douleur ou à la joie. Autrement dit, ils sont involontaires. Le chien ne le fait pas intentionnellement.

Dans le premier cas, un collier anti-aboiement ne fonctionnerait pas. Car nous ne pouvons pas cesser d’offrir sa récompense au chien si la cause n’est pas connue. Il peut s’agir d’obtenir de la nourriture. D’irriter le chien sur le balcon d’en face. Ou simplement d’attirer notre attention sous la forme de « tais-toi ! ».

Le collier ne fonctionnerait pas non plus dans le second cas car le chien ne peut pas décider d’arrêter d’aboyer. Seul un changement d’émotion mettrait un terme à son comportement. Les comportements émotionnels sont involontaires, de la même manière que si une personne se met à pleurer, peu importe que nous la punissions, elle ne pourra toutefois pas arrêter. Elle ne cessera de pleurer que si elle est tristes. Le chien n’arrêtera d’aboyer que lorsque son état émotionnel changera.

La seule façon de contrôler les aboiements d’un chien est de découvrir l’origine et d’éliminer sa motivation. Un collier anti-aboiement n’est pas conçu pour répondre à un tel objectif. Il n’est donc jamais une solution à ce problème. Son utilisation peut par ailleurs avoir des conséquences qui affecteront le chien pour le reste de sa vie.