Les sangsues et leur implication en médecine

22 décembre, 2019
La thérapie avec les sangsues est l'un des traitements les plus anciens de l'histoire de la médecine. Cette thérapie s'applique de nouveau de nos jours dans le cadre de certaines procédures spécifiques.
 

Les sangsues sont des invertébrés hermaphrodites appartenant à la famille des annélides. Il existe différentes espèces avec une grande diversité biologique. Cet article se concentre sur leur application médicale et sur l’utilisation d’une espèce concrète : Hirudo medicinalis.

Antécédents

Les sangsues étaient considérées comme indispensables dans le traitement des maladies depuis leur découverte dans l’histoire à partir de l’année 3500 avant J.C.

Des preuves de leur présence ont été enregistrées dans les structures archéologiques des Babyloniens et des Égyptiens. Ainsi que dans les tombes de la dynastie XVIII (1567 – 1308 avant J.C) de l’Egypte Antique. Leur présence figure également dans la Bible et le Coran.

Effectivement, dans l’Egypte Antique, la thérapie par les sangsues et les saignées était l’un des remèdes les plus utilisés. De même, c’était une pratique réalisée par d’autres peuples, parmi lesquels les grecs, les romains, les mayas, les aztèques et les mésopotamiens.

En Grèce, la thérapie basée sur les sangsues a été introduite par le père de la médecine, Hippocrate. Cette technique a également été soutenue par le philosophe Galien, qui croyait en la théorie des humeurs dans l’organisme.

Selon cette théorie, le corps sain se caractérise par un équilibre entre les différentes humeurs. Par ailleurs, un organisme malade possède un déséquilibre des humeurs. Pour résoudre ce problème, on pouvait extraire le sang, qui constituait l’humeur dominante.

 
La thérapie avec les sangsues

En ce qui concerne l’influence islamique, les saignées et la thérapie basée sur des sangsues étaient les deux techniques prédominantes. Elles ont été enregistrées dans divers textes, comme Fil tib Alqanoon ou Altasreff liman Ajeza Anittalif.

Enfin, dans le cadre de la médecine ayurvédique, le dieu hindou de l’Ayurvéda tient entre ses quatre mains une sangsue, une coquille, un disque d’énergie et un pot.

Traitement avec les sangsues

Cependant, les événements les plus nombreux remontent au Moyen-Age. En outre, une anecdote curieuse est celle que racontent les pèlerins qui faisaient le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Tout au long de leur voyage, ils s’arrêtaient à des points d’eau et prenaient des bains dans l’eau des rivières.

On pensait alors que c’était le repos qui apportait un soulagement aux pèlerins. Néanmoins, c’étaient les sangsues qui en étaient responsables car elles soulageaient les œdèmes du voyage. Plus précisément, elles prévenaient la maladie thromboembelique grâce à l’hirudine. Une substance produite par les glandes salivaires de la sangsue.

Le traitement concernait une espèce spécifique de sangsue, Hirudo medicinalisCette espèce est célèbre pour ses différentes propriétés thérapeutiques. C’est pour cela qu’elle reçoit le nom de sangsue médicinale.

 

Mécanisme d’action

L’aspect le plus remarquable de son utilisation sont les substances qui font partie de sa salive. Parmi ces substances figurent les vasodilatateurs, les anti-inflammatoires, les anticoagulants, les analgésiques, les bactériostatiques ou les anti-œdémateux.

Ces dernières ont des actions différentes :

  • Élimination des troubles de la micro-circulation et l’hypoxie
  • Réduction de la pression artérielle
  • Récupération de la perméabilité vasculaire endommagée
  • Augmentation de l’activité du système immunitaire
  • Résolution de l’origine de la douleur
  • Amélioration de l’état bioénergétique de l’organisme
Des sangsues

Parmi les substances qu’il faut souligner, on trouve :

  • Anticoagulants : le principal est l’hirudine. Cet agent inhibiteur de la thrombine agit en ralentissant la coagulation du sang. Il a été cloné et s’applique dans le traitement des troubles cardiologiques et hématologiques
  • Anti-inflammatoires : le plus important est la bdelline, un composé qui inhibe l’action de la trypsine, de la plasmine et de l’acrosine

Vasodilatateurs :parmi eux, on trouve l’histamine, l’acétylcholine ainsi que les inhibiteurs de la carboxypeptidase A. Tous ces derniers augmentent le flux sanguin vers la région indiquée

 

Les avantages de la thérapie basée sur les sangsues

Le recours à cette thérapie n’a pas d’effets secondaires ni de conséquences négatives. Par ailleurs, il y a très peu de contre-indications. Ce processus est également sans douleur et sans danger.

Il est nécessaire de préciser que chaque exemplaire d’Hirudo medicinalis est à usage unique. De plus, chaque spécimen en lui-même est une machine pharmaco-chimique dotée d’une puissante pompe d’aspiration.

Contre-indications

L’usage de l’Hirudo medicinalis comporte un certain nombre de risques qu’il est nécessaire de prendre en compte. L’un d’entre eux est présent dans l’intestin de cette sangsue. Il s’agit de la bactérie gram-négative Aeromonas hydrophila. Il existe une relation symbiotique entre les deux.

La bactérie Aeromonas hydrophila sécrète des enzymes protéolytiques pour digérer le sang. Et la sangsue Hirudo medicinalis lui offre une protection. Cette bactérie peut alors causer divers problèmes chez les êtres humains, allants de la cellulite à un abcès local jusqu’à la perte de peau. Ou des complications sévères telles que la septicémie ou la méningite.

L’usage des sangsues est également déconseillé aux personnes qui souffrent d’insuffisance artérielle ou d’immunodépression. Ainsi que de troubles de la coagulation ou d’infections locales ou systémiques. La thérapie par les sangsues n’est pas non plus recommandée chez les femmes enceintes ou les personnes allergiques aux substances actives de cette espèce.

 

Conclusion…

Cette thérapie ancestrale s’utilise de nouveau aujourd’hui. En effet, différents traitements spécifiques ont pu prouver son efficacité. Toutefois, il faut aussi mentionner que la forme d’utilisation n’a guère évolué au fil des années.

 

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