Gerald Durrell : une dévotion pour la nature

25 mai, 2020
Gerald Durrell était un naturaliste qui a jeté les bases de l'élevage en zoos et a écrit une grande quantité de livres autobiographiques sur le ton de l'humour.
 

Bien que nous associons communément les scientifiques et les chercheurs à un langage technique difficile à comprendre, tout le monde n’est pas comme ça. Gerald Durrell est un exemple de cette merveilleuse exception.

Les sciences biologiques sont généralement considérées comme des sources de connaissances étanches que seuls quelques spécialistes peuvent interpréter. Néanmoins, comme nous l’avons mentionné, il existe de multiples personnalités qui ont réussi à franchir cette barrière et sont parvenus à passionner des milliers de lecteurs en dehors du monde scientifique.

De plus en plus de scientifiques s’efforcent de porter leur travail au-delà de leur corporation, afin que les personnes puissent s’informer et en savoir davantage sur la nature.

Dans cet article, vous en saurez plus sur l’un d’entre eux, Gerald Durrell. Un maître de l’écriture qui a contribué à jeter les bases de la divulgation scientifique dans le monde entier.

Gerald Durrell : de l’enfance à l’écriture de la trilogie de Corfou

Gerald Durrell est né en Inde en 1924, mais sa famille a rapidement déménagé à Corfou, une île grecque. En raison de son climat méditerranéen et de sa géographie accidentée, cet endroit est parfait pour que Gerald entre en contact avec la nature dès son plus jeune âge.

Dès son arrivée sur l’île, sa vocation de scientifique, de divulgateur et d’écrivain naît. Au fil du temps, il acquiert non seulement des connaissances, mais il laisse également son imagination s’envoler. Cela se matérialise alors par ses trois premiers livres autobiographiques, la Trilogie de Corfou.

 
La trilogie de Corfou, des ouvrages de Gerald Durrell

Selon l’auteur lui-même, la trilogie tourne autour de « sa famille et d’autres animaux, d’insectes et de proches, ainsi que du jardin des dieux ». Il s’agit de romans faciles à lire qui sont également considérés comme des classiques de l’écologie populaire.

Dans chacun de ses romans, Gerald Durrell raconte son enfance dans les moindres détails, depuis les couleurs variées de la vie familiale aux découvertes naturelles et aux incursions qu’il réalisait étant petit.

Par ailleurs, nous devons comprendre que ces souvenirs remontent aux années 40. La conception de la nature était donc très différente d’aujourd’hui. Le jeune Gerald Durrell capture de nombreux spécimens avec un de ses professeurs. Puis il consacre beaucoup de temps à les observer et les étudier avec les moyens rudimentaires de l’époque.

Ces livres transmettent de l’humour et de la jovialité, mais surtout une fascination pour le monde sauvage. Parmi les pages, nous pouvons nous rappeler des expériences qui ont formé notre véritable amour pour le monde animal. Qui ne se souvient pas d’avoir été captivé en voyant une araignée tisser sa toile pour la première fois ?

 
Une araignée qui tisse sa toile, passionnant selon Gerald Durrell

Expéditions et aventures

Après avoir travaillé dans un zoo en Angleterre pendant plusieurs années, Gerald Durrell quitte sa maison en 1946 et conçoit ses propres expéditions à la recherche d’animaux inconnus. Les spécimens sont alors capturés et vendus aux zoos les plus prestigieux.

Encore une fois, il est important de rappeler l’époque de ces aventures. A cette époque, la seule forme d’approvisionnement pour l’élevage dans les zoos était les spécimens capturés. L’élevage en captivité viendra plus tard. En outre, Gerald Durrell suivait un critère très stricte:

  • Il gardait et nourrissait ses animaux dans les meilleures conditions disponibles.
  • Il n’a jamais capturé plus que ce qu’il pouvait.
  • Enfin, il ne capturait pas les animaux pour leur prix de marché, mais pour leur valeur scientifique.

En effet, son principal moteur n’était pas le bénéfice monétaire, mais plutôt l’éducation environnementale à travers les zoos ainsi que la recherche de programmes d’élevage en captivité. C’est pourquoi le coût de ses expéditions a fini par le mettre en faillite.

« La forêt ivre » est l’un des ouvrages les plus connus de l’auteur, dans lequel il raconte avec humour de nombreuses aventures vécues lors de ses expéditions.

 

Le parc zoologique de Jersey

Gerald s’est lancé dans le monde de l’écriture après ses incursions. Ce qui lui a valu une certaine notoriété en tant que naturaliste et lui a permis de retrouver un statut monétaire optimal.

Ainsi, grâce à ses économies, il a réussi à fonder le parc zoologique de Jersey en 1958. Un modèle pour l’élevage en captivité.

Le zoo a gagné en popularité, et avec lui l’organisation pour la préservation fondée par Gerald lui-même: The Jersey Wildlife Preservation Trust (aujourd’hui connu comme le Durrell Wildlife Conservation Trust).

Pendant les années 70, l’organisation devient pionnière dans la préservation des espèces. Gerald Durrell est alors reconnu comme une figure de proue de la conservation et du respect animal. Ses fondements dans la gestion des zoos ont établi la pensée actuelle et sont incarnés dans le livre « The immovable ark« .

  • L’objectif principal d’un zoo doit être de servir de réserves d’espèces menacées qui doivent être élevées en captivité afin de pouvoir survivre
  • Un animal ne devrait se retrouver dans un zoo qu’en dernier recours, lorsque tous les efforts pour le sauver dans son environnement ont échoué
  • Les parcs zoologiques ne doivent pas être gérés à des fins de divertissement. Et les espèces non menacées doivent être réintroduites dans leur habitat naturel

 

Gerald Durrell : pionnier et écrivain

Pour résumer, Gerald Durrell a été une figure essentielle pour la diffusion et la conservation des espèces au niveau mondial. Ses livres couvrent un très large éventail de thèmes puisqu’il a écrit plus de 20 romans autobiographiques.

 

Le célèbre acteur Henry Cavill (Superman, The Witcher) a été l’un des ambassadeurs les plus médiatiques de l’organisation de Durrell. Il est parvenu à manifester son soutien au projet de conservation de diverses manières. Notamment avec le hashtag #doitfordurrell.