Toutes les espèces ont-elles la même utilité pour la conservation de la biodiversité ?

07 mai, 2020
L'utilisation des espèces pour conserver la biodiversité est sujette à une certaine perversion. Dans cet article, nous vous proposons une brève approche du sujet.
 

L’utilisation des espèces pour conserver la biodiversité est mise en œuvre depuis des années. Or, son efficacité est remise en question par les experts. Pourquoi ? Toutes les espèces ne sont-elles pas également utiles à cette fin ?

Les espèces pour la conservation de la biodiversité : quelles différences ?

Espèces parapluie

Ce sont les espèces les plus utilisées en matière de conservation, car leur protection protège, de manière indirecte, de nombreuses autres espèces qui cohabitent dans le même écosystème. Ce sont généralement des espèces importantes dont les besoins couvrent un large champ. Grâce à elles, une zone de réserve potentielle peut être sélectionnée.

Le terme a été utilisé pour la première fois par Bruce Wilcox en 1984 et fait l’objet de débats depuis lors. Certains experts les considèrent comme extrêmement utiles pour la conservation de la biodiversité ; d’autres estiment qu’une combinaison d’espèces plus petites peut être plus utile, comme les invertébrés.

La plupart des espèces parapluies sont inscrites sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) parce qu’elles sont menacées ou en voie de disparition et que leur protection s’étend donc à la conservation de leur habitat.

En Espagne, l’une des principales espèces de parapluie est l’ours brun, car ses besoins écologiques sont très étendus. Et leur protection contribue à conserver toute leur amplitude de mouvement.

Les ours et la biodiversité
 

Espèces phares ou vedettes

Est considérée comme telle l’espèce qui est suffisamment charismatique pour être un symbole de la protection de la nature, dans le but de capter l’attention du citoyen et du gouvernement. Il est ainsi plus facile de collecter des fonds pour protéger cette espèce et d’autres liées, bien que moins attrayantes, à celles qui partagent l’écosystème.

Les plus utilisés sont les grands mammifères, car ce sont les plus connus et les plus colorés, et ils parviennent à générer plus d’empathie chez l’être humain.

Les espèces protégées et la biodiversité
Source : http://www.naturalezacantabrica.es/

Ils peuvent représenter un écosystème, mais aussi un problème écologique. Un exemple est l’utilisation de grandes tortues de mer pour mettre en évidence le problème du déversement de plastique dans l’océan.

Certaines de ces espèces représentent des organisations mondiales de conservation, comme l’ours panda du WWF.

Espèces indicatrices

C’est une espèce qui définit parfaitement une caractéristique de l’environnement. Sa présence, son absence ou son abondance reflète une situation spécifique. Par exemple, elles sont utilisées pour délimiter une région, comme une espèce exclusivement désertique.

 

Mais leur utilité la plus précieuse en matière de conservation est de comprendre la santé d’un écosystème. Dans ce cas, les espèces indicatrices sont les espèces les plus sensibles à une caractéristique environnementale, et sont utilisées comme signal d’alarme. Par exemple, les lichens comme indicateurs de la qualité de l’air.

Espèces clés

C’est une espèce dont l’abondance a un effet disproportionné sur son écosystème, puisque sa présence affecte le reste des organismes qui y vivent. Ainsi, un tel écosystème pourrait s’effondrer en l’absence des espèces clés.

L’exemple caractéristique est la relation prédateur-proie. La présence d’un certain prédateur empêche une population abondante d’herbivores de détruire la flore d’un écosystème.

Un autre exemple est celui des animaux considérés comme des ingénieurs, car ils modifient leur écosystème de manière très prononcée. C’est le cas des éléphants, qui détruisent les arbres et font place aux espèces d’approvisionnement. Sans eux, la savane africaine deviendrait une forêt et disparaîtrait.

Les espèces pour conserver la biodiversité et la façon dont leur utilisation est pervertie

L’utilisation de ces espèces peut biaiser les priorités des conservateurs en leur faveur. Ils agiraient au détriment d’espèces moins charismatiques qui pourraient être menacées.

Par exemple, la protection de la grenouille verte pour la conservation des zones humides semi-permanentes. Ce n’est pas un animal avec lequel le public sympathise, c’est pourquoi d’autres espèces plus visibles sont recherchées lors de l’élaboration d’un plan de conservation.

 

Les espèces phares sont choisies, bien qu’idéalement elles devraient être des espèces parapluie, pour susciter l’intérêt de la population non seulement pour un animal, mais pour un écosystème complet.

En Espagne, il existe deux espèces considérées à la fois comme emblématiques et parapluie : l’ours brun et le grand tétras. L’UICN les considère toutes deux comme « en danger » et les apprécie. Mais leur conservation a souvent été liée à des actions perverses qui n’ont pas grand-chose à voir avec la préservation de la biodiversité.

 

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