Peut-on cohabiter avec des prédateurs sauvages ?

1 février 2020
La mode d'avoir des animaux exotiques et sauvages à la maison ne doit pas nous mener à la confusion. Il existe de nombreuses limites et précautions à prendre pour posséder des animaux sensés être sauvages chez soi.

Nous avons probablement tous vu une vidéo étonnante avec des personnes qui ont réussi à domestiquer un ours, un tigre, un lion ou une autre espèce d’animal sauvage. Il est donc tout à fait normal de se demander si la cohabitation avec des prédateurs sauvages est possible.

La « mode » d’avoir des animaux exotiques semble être cyclique. Et, de temps en temps, elle gagne en popularité en raison d’une célébrité quelconque qui a décidé d’adopter un animal sauvage comme « compagnon ». Mais, avant de faire comme les autres, il est important d’analyser véritablement le pour et le contre.

Dans cette optique, nous allons maintenant examiner les différents facteurs impliqués dans les possibilités et les risques de cohabiter avec des prédateurs sauvages.

Qui sont les prédateurs sauvages et pourquoi sont-ils si importants ?

Les prédateurs sauvages sont, principalement, tous ces animaux qui chassent pour se nourrir et survivre dans un environnement naturel et sauvage. Lorsqu’un animal prédateur se trouve en haut de la chaîne alimentaire au sein de son habitat, il est considéré comme un super-prédateur.

Par conséquent, tout prédateur est un animal qui chasse. Mais tous les animaux ayant un instinct de chasseur ne sont pas forcément des prédateurs sauvages. Le chat domestique, par exemple, est un excellent chasseur, comme tous les félins. Cependant, étant donné qu’il vit une routine domestique, il n’est plus classé comme un prédateur sauvage.

D’autre part, dans la nature il existe de nombreuses espèces qui se nourrissent des proies qu’elles chassent. Comme les félins, les canidés, les rapaces, les mustélidés, entre autres. Ces espèces jouent un rôle essentiel pour l’équilibre des écosystèmes car la prédation permet d’éviter la surpopulation.

Les vautours sont des prédateurs sauvages

En l’absence de prédateurs, une espèce peut se reproduire de manière excessive, créant ainsi un déséquilibre dans l’environnement. Lorsque cette surpopulation se produit à proximité des zones agricoles ou productives, elle se traduit souvent par des parasites et des dommages dans l’économie humaine.

Peut-on cohabiter avec des prédateurs sauvages ?

Tout d’abord, il est essentiel d’apprendre à différencier ce qui est possible, ce qui est conseillé et plus encore, ce qui est idéal. Est-il possible de domestiquer et de cohabiter avec des prédateurs sauvages? Les étonnantes vidéos que nous mentionnons au début de cet article montrent que cela n’est pas impossible.

Cependant, est-il judicieux de vivre avec un prédateur comme s’il s’agissait d’un animal de compagnie? Bien sûr que non. Le fait qu’une famille ait apprivoisé un ours, ou qu’un lion montre une forme de tendresse et de reconnaissance envers l’éleveur qui l’a sauvé des chasseurs, ne fait pas des prédateurs sauvages des animaux domestiques.

En réalité, il existe de nombreuses différences entre les animaux sauvages et les animaux domestiques, qu’ils soient ou non prédateurs. Toutes les espèces sauvages, lorsqu’elles sont retirées de force de leur habitat et insérées dans un environnement complètement inconnu et artificiel, peuvent souffrir de stress. Elles peuvent également tomber malade, et développer des problèmes de comportement tels que l’agressivité.

Par ailleurs, quand nous évoquons des animaux sauvages avec un instinct de chasse très marqué, l’idée de les adopter comme animal de compagnie est encore plus dangereuse. En plus de mettre en danger notre santé et notre intégrité, nous condamnons également un être qui devrait être libre dans son environnement à une vie d’emprisonnement et de limitations.

Les tigres figurent parmi les prédateurs sauvages

Il est important de mentionner que la possession de ces espèces est généralement interdite légalement dans la plupart des pays. Les spécimens qui sont en vente proviennent souvent du marché illégal. Par conséquent, les acheter signifie financer indirectement le trafic d’animaux.

La cohabitation n’est pas nécessaire, mais la coexistence l’est

Le fait de ne pas confondre ces espèces avec des animaux domestiques ne signifie par pour autant qu’il faut craindre leur existence ou nous imposer au sein de leur habitat. Bien au contraire. S’il est extrêmement dangereux de cohabiter avec les prédateurs sauvages, il est encore plus urgent et nécessaire d’apprendre à coexister.

Les prédateurs représentent une partie essentielle de la nature. Effectivement, sans eux, les écosystèmes que nous habitons tous seraient en danger. Cependant, leur habitat, leur quotidien, leur comportement et leur conduite sociale ne sont pas compatibles avec la vie domestique que mène un chien, un chat ou un hamster.

Par ailleurs, la coexistence avec les prédateurs sauvages implique, fondamentalement, de respecter la nature. Et de ne pas prétendre la soumettre à nos codes sociaux et nos désirs personnels. En outre, l’expansion de notre civilisation ainsi que les avancées technologiques doivent cesser de mettre en péril l’habitat de ces espèces sauvages.

Enfin, l’environnement nous unit à toutes les espèces. Et, ce n’est qu’en sensibilisant la population que nous parviendrons à la coexistence nécessaire. Qu’il s’agisse de grands prédateurs sauvages ou d’organismes microscopiques, ils sont tous essentiels au maintien de la vie sur notre planète.

 

  • researchgate.net/publication. 2009. El fenómeno de la domesticación animal en el siglo XXI. Extraído de: https://www.researchgate.net/publication/303484190_El_fenomeno_de_la_domesticacion_animal_en_los_albores_del_siglo_XXI
  • Organización Mundial de Sanidad Animal. 2008. Animales salvajes. Extraído de: http://www.oie.int/fileadmin/Home/esp/Publications_%26_Documentation/docs/pdf/bulletin/Bull_2008-3-ESP.pdf