Conservation de l’orang-outan de Bornéo

27 mars 2019
La destruction des forêts tropicales humides, en particulier des forêts de Bornéo et de Sumatra, est la principale raison pour laquelle les orangs-outans sont en danger d'extinction.

Selon un rapport de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), l’orang-outan de Bornéo présente un danger d’extinction. Cela signifie que les efforts de conservation menés au cours des 50 dernières années n’ont pas pu empêcher cela.

Les données les plus récentes publiées par une équipe de 38 institutions internationales suggèrent qu’entre 1999 et 2015, le nombre total d’orangs-outans a été réduit de plus de 100 000 animaux. Cela signifie que l’espèce disparaît plus vite que prévu par les experts.

Quels que soient les résultats positifs des efforts de conservation antérieurs, le seul objectif important n’a pas été atteint : une population stable ou en augmentation. Et malheureusement, on ne peut pas faire grand chose pour inverser la tendance de ce phénomène de déclin.

Principales causes de l’extinction de l’orang-outan de Bornéo

Selon des études menées par l’UICN en 2010, seules 59,6% des forêts de Bornéo étaient propices aux orangs-outans. Et si une grande partie de ces terres sont techniquement protégées par les gouvernements indonésien, malaisien et brunéien, des menaces persistent.

Ceci est largement dû à l’activité humaine. L’abattage illégal intense, la conversion des forêts en vastes plantations de palmiers à huile, l’exploitation forestière de certaines forêt pour la construction de routes ne sont que quelques exemples.

orang-outan

L’habitat est également affecté par les grands incendies provoqués par le phénomène météorologique El Nino. De plus, le commerce illégal d’animaux influence le déclin des populations de cette espèce. Enfin, ces spécimens sont également chassés pour être consommés par certains peuples autochtones.

Estimations alarmantes

Il y a quelques temps, les populations d’orang-outan de Bornéo comprenaient des centaines de milliers d’animaux. Selon les estimations actuelles, le nombre total a diminué de 50%. Les chiffres les plus récents et les plus exacts sont disponibles sur le site web de l’UICN.

La liste rouge des espèces menacées établie par l’UICN indique qu’il reste 14 600 orangs-outans de Sumatra en liberté. En revanche, l’orang-outan de Bornéo est estimé à environ 104 700 spécimen.

La perte substantielle d’habitats sur les deux îles suggère que les chiffres actuels sont en réalité inférieurs à ceux figurants sur la liste rouge de l’UICN. Environ 2 000 à 3 000 orangs-outans de Bornéo ont été tués chaque année, au cours des quatre dernières décennies seulement.

L’orang-outan de Bornéo est une espèce qui s’adapte

Les orangs-outans, en général, ont été décrits comme une espèce très sensible qui ne peut survivre que dans les conditions écologiques les plus vierges. Cependant, plus les chercheurs en apprendront sur cette espèce, plus ils découvriront qu’ils sont capables de s’adapter aux nouveaux défis.

orang-outan de Bornéo

Par exemple, on a découvert que l’orang-outan de Bornéo marchait sur le sol plus souvent que prévu. Ils peuvent aussi se nourrir de plantes qui ne font pas partie de leur régime habituel, comme l’acacia ou le palmier à huile.

Ces comportements pourraient leur permettre de survivre dans des paysages fragmentés. Et dans des zones forestières beaucoup plus petites qu’on ne le pensait auparavant. Cependant, ils ne peuvent pas faire face au taux de mortalité élevé observé aujourd’hui.

L’orang-outan de Bornéo est une espèce à reproduction très lente. Les femelles ne se reproduisent qu’une fois tous les six ou huit ans. Il s’agit de l’intervalle de naissance le plus long de tous les mammifères terrestres. Le rétablissement de la population est donc très insignifiant.

Une nouvelle perte prévue

Des populations protégées se trouvent dans les régions de Bornéo, en Malaisie, et dans certains grands parcs nationaux à Bornéo, en Indonésie. Cela pourrait donner l’impression qu’il est peu probable que l’orang-outan de Bornéo s’éteigne dans un proche avenir. Malgré tout, il est urgent d’empêcher d’autres décès.

Aujourd’hui, environ 10 000 orangs-outans habitent des zones affectées au développement du palmier à huile, encore recouvertes de forêts. La recherche, la mise à mort dans des situations de conflit entre autochtones et la capture d’individus en tant qu’animaux de compagnie doivent faire l’objet d’une divulgation publique.

Cela faciliterait la résolution des conflits au sein des communautés et l’application de la loi. En termes de conservation, il est essentiel d’élaborer des stratégies appropriées qui traitent réellement du déclin de la population actuelle. En outre, il faudrait approfondir les recherches sur les raisons pour lesquelles les gens tuent des orangs-outans.