Albatros à queue courte : sa situation actuelle

27 octobre 2019
À cause de la révolution industrielle, l'Albatros à queue courte a vu sa population mondiale fortement réduite par le prix de son plumage.

C’est un oiseau de taille moyenne connu pour son grand bec rose. Dans cet article, nous allons vous présenter quelques caractéristiques de l’Albatros à queue courte, ainsi que sa situation actuelle.

Caractéristiques de l’Albatros à queue courte

Encore appelé Albatros de Steller, son nom scientifique est Phoebastria albatrus. Il peut mesurer environ 90 cm de haut et peser environ 10 kg à l’âge adulte. D’autre part, l’Albatros à queue courte change de couleur en fonction de l’âge. À la naissance et durant sa jeunesse, il a un plumage brun noirâtre et, lorsqu’il devient adulte, ses plumes deviennent blanchâtres ou dorées.

Le cou et la poitrine sont beiges et son énorme bec carré rose est très remarquable. Une façon d’identifier l’âge d’un individu consiste à observer le bec avec précision. En effet, les plus vieux ont un bec aux bords bleuâtres.

En ce qui concerne leur régime alimentaire, les Albatros à queue courte se nourrissent principalement de calmars. Dans une moindre mesure, ils mangent des crevettes, des œufs des poissons volants, des petits poissons et des crustacés. On sait que les populations suivent les bateaux de pêche pour se nourrir de déchets de poisson et de restes jetés par-dessus bord.

Un autre fait intéressant à propos de leur comportement est qu’ils se regroupent en colonies une fois par an. Juste durant le temps d’incubation de l’unique oeuf pondu particulièrement par chaque couple. Cela dure plus de 2 mois. Les adultes peuvent procréer à partir de 5 ou 6 ans de vie.

Un Albatros à queue courte en plein vol

Quant à sa répartition, il faut indiquer que cet oiseau niche à Torishima (Japon) et dans les îles Senkaku et Minami-Kojima, respectivement en Chine et au Japon. Le territoire couvert par l’Albatros à queue courte comprend le nord de l’océan Pacifique, bien qu’il puisse également être observé à l’est de la Russie et même en Alaska.

Le passé, le présent et l’avenir des Albatros à queue courte

La montée générale des plumes d’Albatros a commencé à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les plumes d’Albatros sont devenues très populaires en Amérique du Nord et en Europe. La révolution industrielle a joué sa partition en permettant la fabrication de vêtements et d’accessoires tout en s’y incluant.

Parmi les qualités des plumes de cet oiseau, il est necessaire de souligner qu’elles sont légères. Elles abritent et ne laissent pas passer l’eau. Par conséquent, les Albatros à queue courte étaient principalement utilisés pour la confection de manteaux ou les couettes. Il fallait plus d’1 kg de plumes pour faire une couverture. Compte tenu du fait que les plumes de chaque individu adulte ne dépassent pas 20 g. Il a, donc, fallu en tuer un bon nombre pour obtenir un seul article.

La chasse commerciale de l’Albatros à queue courte au Japon a commencé aux environs de l’année 1885. L’entreprise Tamaoki s’occupait de l’exportation des plumes. Elle s’est alors rendue compte qu’il n’y avait presque plus d’oiseaux dans les environs. Elle a, par la suite, décidé de faire son propre chemin et de capturer également les oiseaux qui vivaient sur les îles voisines.

D’autres sociétés ont fait de même sur les îles Hawaïennes. On a rapidement fait parvenir aux oreilles des acheteurs et du gouvernement les critiques sur la façon dont les Japonais ont tué ces oiseaux. De ce fait, en 1903, les autorités hawaïennes ont interdit la chasse sur le territoire. Et du même coup, ils ont déclaré l’oiseau comme monument maritime national.

Un Albatros à queue courte sur l'eau

Cependant, ils ont continué à chasser sous d’autres latitudes. Grâce au directeur de l’Institut ornithologique de Yamashina, qui en déclarant l’île de Torishima sanctuaire en 1933, a pu empêcher la poursuite du massacre.

En 1958, des chercheurs ont commencé à étudier l’île. Et, bien sûr, son principal propriétaire, l’Albatros à queue courte, a été étudié. En 1981, le gouvernement de Tokyo a ainsi mené différentes activités à la poursuite de cet oiseau merveilleux. Ce qui a permis une plus grande reproduction dans la région.

Mais encore une fois, on a déclaré l’espèce menacée parce que la présence humaine dans la région ne leur a pas permis de se reproduire correctement. Grâce à une technique de « sculpture » d’oiseaux dans le bois pour attirer le « vrai », en une décennie, la population d’Albatros a augmenté de façon spectaculaire.

Actuellement, le nombre d’oiseaux sur les îles japonaises est de près de 5 000, un chiffre peu élevé. Toutefois, ce chiffre encourage les scientifiques à poursuivre les procédures et les tâches qui les aideront à se reproduire librement. Bien qu’il s’agisse d’une espèce vulnérable, beaucoup de travail est engagé pour la conserver dans son habitat naturel.

 

Harada, T., Deguchi, T., Zaun, B., Sprague, R. S., & Jacobs, J. (2007). An artificial rearing experiment of laysan albatross chicks. Journal of the Yamashina Institute for Ornithology. https://doi.org/10.3312/jyio.39.87