Les mammifères marins dorment-ils ?

28 décembre, 2019
Si vous vous posiez cette question, la réponse est oui : les mammifères marins dorment. Vous serez malgré tout surpris par la façon dont certains le font.
 

Dans la nature, pour tous les êtres humains, le sommeil et le repos sont nécessaires. Or, dans le cas des mammifères marins, ce processus est un peu différent et, parfois, très surprenant. Nous allons vous présenter les quelques particularités du sommeil chez les mammifères marins les plus représentatifs.

Quels sont les différents types de mammifères marins?

Ce groupe d’animaux comprend environ 130 espèces différentes. Elles sont toutes adaptées, dans une certaine mesure, à la vie dans l’eau, avec des corps plus hydrodynamiques et des extrémités qui facilitent le mouvement, dans la majorité des cas.

Sur le plan général, les mammifères marins peuvent être divisés en trois grands groupes :

  • Le groupe Sirenia ou des siréniens. Dans ce groupe, nous retrouvons par exemple les lamantins
  • Les cétacés : ce groupe inclut les baleines, les bélugas et les dauphins, entre autres
  • Les caniformes, groupe dans lequel nous pouvons retrouver les mammifères qui passent un peu de temps sur la terre ferme. C’est par exemple le cas des phoques, des otaries, des morses et même de l’ours polaire

Qu’est-ce que le sommeil ?

Répondre à cette question de façon complète est encore très difficile. Le sommeil, pour commencer, est un état physiologique et un besoin. Il aide à équilibrer certains processus internes, physiques et psychiques, et a donc une importance capitale.

Le sommeil des mammifères marins
 

Le sommeil peut se diviser en cinq phases. Au cours de ces phases, quelque chose se produit : le mouvement volontaire et l’activité musculaire diminuent progressivement, jusqu’à être interrompus. Ceci implique une relaxation complète des muscles et une altération de l’activité cérébrale. Alors, comment font les mammifères marins pour réussir à dormir ?

Comment dorment les mammifères marins ?

Pour résoudre le problème du mouvement, de nombreuses espèces de mammifères aquatiques ont eu recours à ce que l’on appelle le sommeil unihémisphérique. Ce mot assez long peut signifier la chose suivante : tandis qu’une partie du cerveau « dort », l’autre hémisphère reste actif et alerte.

Il faut préciser que ce type de sommeil n’est pas exclusif aux animaux marins. On le retrouve chez des oiseaux et certaines espèces de reptiles. Il a aussi été démontré que les hémisphères s’activent et se désactivent alternativement, ce qui fait que les deux côtés du cerveau se reposent à parts égales.

Ce mécanisme suppose, par exemple, que les mammifères marins continuent à respirer. Chez le reste des mammifères, la respiration est un processus involontaire. En revanche, chez les cétacés, elle est totalement volontaire. La solution, au moment du sommeil, est d’avoir recours à la partie active du cerveau pour s’assurer que la respiration se poursuit.

Le sommeil chez la baleine, un des mammifères marins
 

Le sommeil unihémisphérique permet également aux mammifères marins de nager et de rester en mouvement. Ainsi, en plus de garder leur position, ils peuvent remonter à la surface pour respirer. Ce phénomène les aide aussi à maintenir une bonne température corporelle.

Curiosités sur le sommeil des mammifères marins

On a récemment découvert une partie biologique derrière le phénomène du sommeil chez ce type d’animaux. Cette dernière est liée à un neurotransmetteur qui joue un rôle dans le cerveau, l’acétylcholine.

Les résultats, publiés dans une prestigieuse revue scientifique, suggère que ce neurotransmetteur se retrouve fortement dans le côté « éveillé » du cerveau et beaucoup moins dans le côté endormi.

Enfin, en tant qu’autre curiosité à connaître, nous ne pouvons pas oublier le sommeil des dauphins. En plus d’être l’un des mammifères marins avec un sommeil unihémisphérique, il est curieux de voir que les dauphins dorment avec un œil ouvert. Celui-ci alterne selon l’hémisphère du cerveau qui est en activité. Ceci leur permet de voir ce qui se passe autour d’eux et de maintenir un certain état d’alerte face à n’importe quel danger.

 

 
  • Lapierre, J. L., Kosenko, P. O., Lyamin, O. I., Kodama, T., Mukhametov, L. M., & Siegel, J. M. (2007). Cortical acetylcholine release is lateralized during asymmetrical slow-wave sleep in northern fur seals. Journal of Neuroscience27(44), 11999-12006.

 

  • Howard, R. S., Finneran, J. J., & Ridgway, S. H. (2006). Bispectral index monitoring of unihemispheric effects in dolphins. Anesthesia & Analgesia103(3), 626-632.