Le mouflon à manchettes envahit-il l'Espagne ?

01 mai, 2020
Vous voulez savoir si le mouflon à manchettes est une espèce invasive en Espagne ? Nous vous donnons la réponse ici !
 

En Espagne, on considère le mouflon à manchettes comme une espèce invasive depuis des années. Pourtant, ce concept est remis en question. Alors, est-il vrai que le mouflon à manchettes envahit l’Espagne ?

Généralités

Son nom scientifique est Ammotragus lervia, il appartient à la famille des chèvres et est originaire du continent africain. Parmi ses caractéristiques, distinguons les suivants :

  • Les mâles adultes peuvent peser jusqu’à 145 kilos
  • Son pelage est très court, rougeâtre ou brun clair, semblable au sable des déserts où il vit normalement. Sa queue est laineuse et longue. Les deux sexes ont une barbe et des cornes courbées, qui ne sont que légèrement plus longues chez les hommes que chez les femmes. Ces cornes peuvent mesurer jusqu’à 60 centimètres
  • C’est un animal purement herbivore, qui se nourrit de lichens, d’herbes, de branches, de feuilles et de baies
  • Ils vivent en groupes plus ou moins nombreux et mixtes, composés d’hommes de tous âges, de femmes et de jeunes. Les femmes sont chargées de diriger le groupe. Ils n’ont généralement qu’une seule progéniture
  • L’espérance de vie de l’espèce est d’environ 20 ans

Introduction du mouflon à manchettes dans la péninsule ibérique

Elle a eu lieu dans les années 1970, en raison de la demande de nouvelles espèces de gros gibier. Il a été introduit en même temps que le mouflon.

Un groupe de mouflons à manchettes
Source : http://deviajepormurcia.com/el-arrui-de-sierra-espuna/
 

Au départ, l’espèce a été introduite dans le parc naturel de la Sierra Espuña, à Murcie. L’abondance de nourriture, l’absence de prédateurs naturels et le taux de natalité élevé ont permis son expansion rapide. Voilà pourquoi l’espèce a été considérée comme envahissante.

L’espèce est désormais présente, en plus de Murcie, dans la Communauté de Valence, en Andalousie et aux Canaries, avec les conséquences que cela implique, notamment pour la flore indigène des îles.

Est-ce une espèce exotique ?

Au début, elle était considérée comme une espèce exotique. Il y a quelques années, on a découvert des fossiles qui, à première vue, étaient catalogués comme des chèvres, mais une étude ultérieure a montré clairement qu’il ne s’agissait pas de chèvres pures.

S’agit-il d’une espèce exotique invasive ?

De nombreux experts pensent que cet animal menace d’occuper les niches de la chèvre de montagne hispanique, bien qu’aucune étude ne le prouve.

Le Dr Jorge Cassinello déclare que « la chèvre de montagne et les mouflons à manchettes se chevauchent dans leur niche écologique, mais ne coïncident pas dans leurs zones optimales, car la chèvre de montagne préfère les points de plus grande pente et altitude, relativement boisés, humides et éloignés des routes et des noyaux. Le mouflon à manchettes est plus berger et moins broutant. »

Bien sûr, comme tout herbivore sans prédateur naturel, le mouflon à manchettes se développe. C’est pourquoi une bonne gestion est essentielle.

 
Trois mouflons à manchettes
Source : https://www.laverdad.es/

Le problème est que, dans la liste publiée par l’UICN, le mouflon à manchettes est catalogué comme une espèce vulnérable ou menacée dans la zone méditerranéenne, et en Espagne il apparaît dans le même groupe que l’ours brun. Malgré cela, la Communauté de Valence considère qu’il s’agit d’une espèce qui doit être éradiquée, bien qu’elle coexiste sans problème avec le bétail qui paît dans les montagnes, avec les mouflons et les cerfs.

Le contrôle du mouflon à manchettes

Il est nécessaire de maintenir une gestion de la population des espèces herbivores, normalement par le biais de chasses contrôlés et en sachant quels spécimens doivent être abattus et combien. En ce moment, on les traque avant l’âge de cinq ans, alors qu’ils ne sont même pas encore un trophée de chasse. On considère donc que leur gestion de la chasse peut s’améliorer.

Les preuves scientifiques suggèrent que l’on devrait retirer le mouflon à manchettes ibérique de la liste des espèces invasives. Pourquoi ? Parce que sa préférence plus marquée pour les prairies et les campagnes favorise la biodiversité des pâturages, permet le défrichage de la montagne de manière naturelle et maintient des espaces ouverts qui pourraient servir de coupe-feu naturels.

 

La présence des mouflons à manchettes dans le sud-est de la péninsule, loin d’être une menace, apporte des bénéfices à nos montagnes, c’est-à-dire qu’elle favorise une plus grande biodiversité des paysages.