Le xiphophore : alimentation et reproduction

11 janvier 2020
Le xiphophore est un poisson qui vit dans les eaux cristallines d'Amérique centrale et que l'on retrouve communément dans les aquariums. Sa queue en forme d'épée est son signe le plus distinctif.

Le nom de xiphophore ne vous est peut-être pas très familier. Vous l’avez cependant sûrement vu plus d’une fois car l’animal qui nous intéresse ici est l’un des poissons que l’on retrouve le plus dans les aquariums. Apprenez-en plus sur ses caractéristiques, son alimentation et sa reproduction.

Qu’est-ce qu’un xiphophore ?

La première chose à savoir à propos de cet animal est qu’il s’agit d’un poisson qui appartient à un ordre très spécial : les cyprinodontiformes. Ce groupe de poissons est très connu car il englobe plusieurs espèces très appréciées pour l’élevage en aquariums.

Au sein de cet ordre des cyprinodontiformes, il existe une famille de poissons d’eau douce qui possèdent une série de traits très caractéristiques : leur large distribution géographique, la taille de leur yeux ou leur dimorphisme sexuel très marqué. Il s’agit de la famille des poeciliidés, qui compte jusqu’à 40 genres de poissons différents.

Dans ce groupe de poissons, nous pouvons retrouver des espèces très connues, comme la gambusie (Gambusia holbrooki) ou le guppy (Poecilia reticulata). Parmi tous ces genres, celui qui nous intéresse ici est le Xiphophorus. Ce genre englobe 28 espèces, dont le xiphophore (Xiphophorus hellerii). On connaît aussi ce poisson sous les noms de xipho ou porte-épée.

Caractéristiques générales

La taille moyenne du xiphophore varie entre 14 et 16 centimètres. Ces poissons ont un corps robuste et allongé qui, chez les mâles, finit par une nageoire caudale très curieuse. Les radius de la partie inférieure de la nageoire se prolongent, ce qui donne l’impression que le xiphophore possède une « épée » en guise de queue.

La queue du xiphophore

Il existe une autre modification additionnelle des nageoires chez les mâles. Il s’agit de celle qu’il présente sur leur nageoire anale, qui s’est transformée en un organe utilisé lors de la copulation et qui porte le nom de gonopode.

Les femelles sont plus grandes mais ne possèdent pas l’épée des mâles. Il existe aussi des différences au niveau de la coloration des mâles et des femelles, ce qui révèle un dimorphisme sexuel.

La coloration du xiphophode varie entre les exemplaires sauvages et domestiques. Tandis que les poissons sauvages sont généralement verts, avec quelques bandes légèrement jaunes, ceux élevés en aquariums présentent une large variété de couleurs, du noir jusqu’au rouge.

Alimentation et comportement

Le xiphophore est un poisson omnivore, qui se nourrit de petits invertébrés, d’algues et d’autres restes végétaux. Il s’agit du type d’alimentation que suivent les xiphophores sauvages. Pour un poisson en aquarium, une alimentation commerciale équilibrée sera suffisante. Elle devra cependant contenir des éléments secs et des aliments vivants comme des larves de moustiques ou des daphnies.

Normalement, le poisson « porte-épée » est un animal pacifique. Il ignore généralement les autres poissons de l’aquarium s’ils font la même taille que lui.

Cependant, il faut savoir que le tempérament des mâles peut devenir violent, à cause de disputes territoriales et pour des raisons reproductives. Si vous songez à faire l’acquisition d’un xiphophore, l’idéal est qu’un seul mâle cohabite avec plusieurs femelles.

Un xiphophorus hellerii

Reproduction du xiphophore

Tous les poeciliidés sont des poissons vivipares, ce qui implique que les femelles laissent grossir leurs petits dans leur ventre jusqu’au moment de la naissance. Les alevins sont donc plus grands que les petits des poissons ovipares. Ils peuvent aussi nager librement, sans avoir besoin d’une trop grande protection de leurs parents.

La fécondation se produit quand le mâle, à travers le gonopode, fertilise la femelle. Après une période durant entre quatre et six semaines, les alevins sortent à la surface. À partir de ce moment, il faut bien surveiller l’aquarium car l’un des comportements très habituel du xiphophore est poursuivre ses petits pour essayer de les manger. Si nous faisons preuve d’attention et de patience, au bout d’un an, nous verrons de merveilleux exemplaires adultes de xiphophore dans notre aquarium.

 

  • Basolo, A. L., & Wagner Jr, W. E. (2004). Covariation between predation risk, body size and fin elaboration in the green swordtail, Xiphophorus helleri. Biological Journal of the Linnean Society83(1), 87-100.

 

  • Earley, R. L., & Dugatkin, L. A. (2002). Eavesdropping on visual cues in green swordtail (Xiphophorus helleri) fights: a case for networking. Proceedings of the Royal Society of London. Series B: Biological Sciences269(1494), 943-952.