Le cheval en Afrique

20 janvier 2020
Le cheval en Afrique est passé par différentes étapes au cours de l'histoire ; aujourd'hui, il est considéré comme une "race invasive", mais il a de plus en plus d'admirateurs.

Nous avons généralement tendance à relier la faune du continent africain à des animaux exotiques, tels que les lions, les rhinocéros et les girafes. Cependant, le cheval en Afrique a aussi une histoire admirable.

En pratique, les caractéristiques typiques des races de chevaux africains sont une démonstration du long processus d’évolution que ces chevaux ont subi pour s’adapter au continent.

Dans ce qui suit, nous parlerons un peu de l’histoire du cheval en Afrique. Nous allons mettre l’accent sur le berbère, également connu comme « le joyau de l’Afrique du Nord ».

Le berbère : une clé pour comprendre l’histoire du cheval en Afrique

Le berbère est la race de cheval africain la plus emblématique. C’est une race qui s’est répandue dans tout le Maghreb grâce à sa remarquable résistance et sa capacité d’adaptation. De nombreux spécimens ont été apprivoisés par les tribus maghrébines qui vivaient principalement à l’intérieur de l’Afrique du Nord.

Dans la mythologie africaine, il existe des histoires et des croyances très intéressantes concernant la naissance des chevaux berbères. Cependant, on sait peu de choses avec précision sur leurs origines ; certains chercheurs supposent même que leurs ancêtres pourraient être les chevaux sauvages qui ont survécu à la dernière glaciation.

Selon les légendes traditionnelles, les conquérants arabes avaient la fascination de trouver ces chevaux dans un état « semi-sauvage ». Tout cela s’est passé dans l’ancienne région de la Barbarie, qui s’étendait du territoire qui appartient aujourd’hui à l’Algérie et au Maroc, jusqu’à la frontière avec la Libye.

Enchantés par leur force, leur élégance, leur agilité et leur résistance, les conquérants du Moyen-Orient ont décidé d’emmener quelques spécimens avec leur armée. Il n’a pas fallu longtemps pour que ces chevaux sauvages se croisent avec les chevaux arabes ; une première génération de « bâtards » a été créée, ce qui a pu influencer les races actuelles de chevaux arabes.

Le cheval en Afrique et la guerre

L’histoire des chevaux berbères dans les guerres

Tout au long de son histoire, l’Afrique du Nord a été impliquée dans de nombreux conflits armés en raison de sa position stratégique par rapport au continent européen. On a donc largement utilisé le cheval berbère sur le champ de bataille jusque dans les années 1950.

Lorsque les conflits sur le sol nord-africain ont commencé à cesser, entre les années 50 et 60, ces chevaux étaient au bord de l’extinction. Comme ils n’étaient généralement pas utilisés à des fins de mobilité, et considérant que l’activité agricole était très limitée en raison des caractéristiques du sol et des batailles constantes, la population de berbères a été radicalement réduite.

La situation n’a commencé à s’inverser qu’à l’initiative de quelques éleveurs algériens qui, en 1987, ont fondé l’Organisation Mondiale du Cheval Barbe. Cependant, le cheval berbère actuel est morphologiquement différent de l’original, il est plus robuste et plus grand.

Les chevaux africains de Namibie et leur extraordinaire évolution adaptative

Au départ, les chevaux africains en Namibie étaient considérés comme une espèce invasive, ce qui pouvait entraîner des déséquilibres dans la faune et la flore locales, qui sont rares. Il y a même eu un débat intense sur la nécessité ou non de les exterminer.

Cependant, la capacité d’adaptation du cheval à ce nouvel écosystème difficile a progressivement attiré l’attention des populations locales et de la communauté scientifique. Ces chevaux « invasifs » comptent parmi les rares chevaux qui ont réussi à survivre dans un environnement désertique.

Le cheval en Afrique dans le désert

Après avoir mené une série d’études et de tests, les scientifiques ont observé que cette adaptation était possible en raison de certains changements morphologiques et physiologiques dans le corps du cheval.

Différences physiques du cheval en Afrique

Si l’on analyse leur morphologie, ces spécimens sont plus petits que le « cheval africain standard » ; en outre, leurs fonctions rénales les amènent à uriner moins et à boire moins d’eau que les chevaux des autres écosystèmes.

Cette étonnante transformation adaptative amène les experts à se demander comment les changements climatiques affecteront les animaux, et en particulier les mammifères.

Les chevaux pourraient-ils survivre dans un environnement hostile très difficile pour leur constitution physique ? Il n’y a toujours pas de réponse à ces questions complexes. Mais l’histoire et la capacité d’adaptation actuelle du cheval en Afrique sont des preuves que l’on ne peut ignorer.

Pendant ce temps, les chevaux « invasifs » sont devenus une attraction touristique populaire dans et autour de la région de Namibie. Aujourd’hui, leur population est toujours en croissance et compte déjà plus de 300 spécimens. Ces chevaux semblent également s’être adaptés à la curiosité des spectateurs humains.