Le papillon grand porte-queue : le plus grand et le plus exotique des papillons

18 avril 2019
Découvrez cette espèce de papillon !

Le grand porte-queue, ou Papilio cresphontes, est un papillon surprenant à l’allure exotique, très présent sur le contient américain. Ce papillon adulte visite souvent les jardins, les plantations et de nombreux autres paysages.

Lorsqu’il est au stade larvaire ou de chenille, on peut le considérer comme un insecte nuisible en raison de son appétit pour le feuillage de nombreuses espèces de Citrus. Les larves peuvent parfois dévorer rapidement tous les feuilles de certaines jeunes plantes.

Répartition géographique du grand porte-queue

Ce spécimen de la nature est très présent sur le continent américain. Son aire de répartition s’étend de la Nouvelle-Angleterre jusqu’en Ontario, en passant par les Etats des Grands Lacs au nord, le sud des Plaines centrales et les Rocheuses.

L’espèce vit également plus au sud, au sud des Etats-Unis, dans les Caraïbes, au Mexique, en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Le grand porte-queue est également très présent en Floride. 

Caractéristiques morphologiques

Le grand porte-queue adulte mâle peut mesurer jusqu’à 14 centimètres de long. Quant à la femelle, elle peut atteindre près de 14,7 centimètres. La surface de l’aile dorsale de ce papillon est de couleur noire et présente une belle ligne en diagonale jaune qui traverse les ailes antérieures.

La surface des ailes ventrales est majoritairement jaune. Quant à sa queue en forme d’ailes d’hirondelle, elle peut varier en couleur en fonction de la zone géographique dans laquelle il vit. Certaines queues sont rayées de jaune, d’autres sont entièrement noires et d’autres encore sont rouge vif au centre de la bande bleue située sur l’aile ventrale arrière.

larve de papillon grand porte-queue

Les cinq stades larvaires diffèrent en apparence. Toutefois, toutes les larves ressemblent à des fientes d’oiseaux, quel que soit leur stade de maturité. Les larves qui en sont à leur premier stade de développement sont celles qui ressemblent le plus à des excréments d’oiseaux en raison de leur petite taille.

Les larves arrivées à maturité se reposent généralement sur les tiges et les pétioles de feuilles. Celles qui sont plus jeunes, en revanche, restent souvent sur la surface supérieure des feuilles, en pleine lumière. Ces dernières sont majoritairement noires ou marron et présentent une bande blanche. Elles sont également pourvues de « poils » proéminents.

Cycle de vie

Le grand porte-queue adulte se nourrit du nectar de nombreuses fleurs. Il se rend donc souvent dans des jardins luxuriants dans lesquels abondent les azalées, les bougainvilliers, les chèvrefeuilles japonais, les verges d’or et les asclépiades. Il lui arrive également de se nourrir du jus provenant de fumier.

Les mâles adultes suivent les routes migratoires à travers les forêts de pins ou les vergers d’agrumes, à la recherche de femelles. Grâce à leur vol lent et puissant, ils sont capables de parcourir de longues distances. La parade nuptiale et l’accouplement ont généralement lieu en soirée.

Les femelles fécondées pondent en général leurs œufs un par un sur la surface supérieure des feuilles de plantes hôtes. Les œufs de forme sphérique mesurent entre 1 et 1,5 mm et sont de couleur crème à marron. Le plus souvent, leur couche supérieure, formée d’une sécrétion orangée, est irrégulière et rappelle l’aspect de la peau d’orange.

grand porte-queue sur une fleur

Les larves peuvent entamer leur métamorphose sur de petites branches de plantes hôtes ou parcourir une courte distance pour se poser sur une structure verticale, comme une clôture ou une autre plante. Leur chrysalide brunâtre est généralement orientée à 45° par rapport au substrat nymphal. En Floride, deux, voire trois, générations de papillons voient le jour chaque année.

Contrôle biologique

La larve du grand porte-queue est considérée une espèce nuisible mineure pour les orangers. Parmi les plantes hôtes des larves, figurent des plantes de la famille des agrumes, la sapote blanche, ainsi que d’autres plantes exotiques.

Les nymphes sont incapables de bouger et sont vulnérables face aux insectes parasites. Les étapes larvaires sont plus favorables, puisque les larves sont mieux protégées contre les ennemis lors de cette phase que lors du stade nymphal. De fait, grâce à leur coloration et à leur motif cryptique, les larves sont moins visibles et se défendent donc mieux contre les prédateurs, qu’il s’agisse d’insectes parasites ou non, ou d’invertébrés.

De plus, les larves possèdent une glande au milieu de l’arrière de la tête dont elles se servent lorsqu’elles sont menacées par de petits prédateurs. Cette glande produit une sécrétion chimique très nocive et urticante qui dégage une odeur de beurre rance. Cette sécrétion repoussante est toxique pour leurs prédateurs tels que les fourmis ou les araignées.

 

  • https://ypte.org/factsheets/butterfly-swallowtail/overview#section