Peut-on identifier un chien grâce à ses excréments ?

3 septembre 2019
Grâce aux progrès de la technologie, les scientifiques ont pu développer un système qui, à travers l'analyse de marqueurs génétiques, permet d'identifier l'origine des déjections canines. Autrement dit, il est possible d'identifier un chien grâce à ses excréments.

De nos jours, il existe un système qui permet didentifier un chien grâce à ses excréments via une analyse génétique. En effet, de plus en plus de municipalités décident de l’appliquer afin de lutter contre la pollution générée par l’abandon des déjections canines dans les espaces publics.

Dans cet article, nous vous expliquons comment il est possible d’identifier l’ADN d’un chien à partir de ses excréments. Nous parlerons également des débats causés par l’usage de cette méthode pour sanctionner les propriétaires.

Est-il possible d’identifier un chien grâce à ses excréments ?

En termes simples, la crotte du chien porte quelques traces de son information génétique. A partir d’un échantillon d’excréments, il est possible d’isoler ces marqueurs en laboratoire. Grâce à cette information, et après comparaison avec un échantillon d’ADNon peut confirmer que les déjections « appartiennent » à un chien en particulier.

En plus de reconnaître le « propriétaire » de la crotte, ce type d’analyse a permis également de reconnaître l’origine de nombreuses bactéries retrouvées dans les eaux souterraines. Ainsi, on a pu confirmer la présence de résidus organiques de selles animales dans les nappes aquifères du sous-sol.

Au-delà d’attirer les insectes qui peuvent transmettre des maladies, les déjections se dissolvent avec la pluie et permettent à divers pathogènes de pénétrer dans le sous-sol. Suite à ce constat, de nombreux conseils municipaux ont décidé de renforcer le combat contre l’abandon des déjections canines.

Un propriétaire qui ramasse les excréments de son chien

Analyse d’ADN pour identifier les propriétaires qui ne ramassent pas les excréments de leur chien

Le ramassage des crottes de chien sur les espaces publics est l’une des obligations des propriétaires. Le fait d’abandonner les déjections canines peut entraîner des sanctions économiques ou alors la mise en place de prestations environnementales substitutives.

Toutefois, il n’existe toujours pas de loi-cadre au niveau national qui fixe les sanctions applicables en cas d’abandon des excréments canins. Chaque municipalité peut dicter ses propres ordonnances à ce sujet et définir la valeur la plus appropriée pour les amendes.

Il existe même plusieurs villes qui ont décidé de mettre en place le système d’analyse génétique afin d’identifier un chien grâce à ses excréments. Et, de cette façon, de sanctionner ses propriétaires pour ne pas les avoir ramassés. L’idée est de renforcer la lutte contre l’abandon des déjections et la pollution environnementale qui en découle.

Fondamentalement, il s’agit de prélever un échantillon de matières fécales abandonnées et, ensuite, d’analyser les marqueurs génétiques pour identifier leur origine. Après avoir reconnu le chien, on procède à la sanction du propriétaire qui n’a pas ramassé les excréments.

Afin que cette méthode soit viable, il est nécessaire de créer une banque d’échantillons génétiques des chiens enregistrés dans chaque commune. En effet, ce n’est qu’en comparant les traces de matériel génétique provenant des excréments avec les échantillons que l’on peut confirmer l’identité du chien.

Par conséquent, les propriétaires sont obligés d’emmener leur chien pour effectuer une prise de sang. A partir de cette dernière, on peut obtenir son profil génétique. Par la suite, chaque propriétaire reçoit un badge d’identification qui permet de relier le chien à ses excréments. Et de le reconnaître également en cas de perte.

Un chien qui défèque dans la nature

Polémiques sur l’efficacité et la viabilité de l’analyse génétique

Comme nous pouvions l’imaginer, la décision d’utiliser la génétique pour sanctionner les propriétaires a entraîné de nombreuses controverses depuis son implantation en 2014. Dès lors, plus de 40 000 propriétaires ont reçu des amendes pour avoir abandonné les crottes de leur chien.

D’autre part, la recherche de l’ADN pour identifier un chien grâce à ses excréments est très coûteuse. En plus des coûts de l’analyse elle-même, la municipalité doit assumer les coûts des prélèvements sanguins. Et des profils génétiques de tous les chiens enregistrés sur son territoire.

Comme le souligne le Collège des Vétérinaires d’Alicante (Icoval), il s’agit d’un investissement très élevé dans une méthode dont l’efficacité n’a guère été démontrée. En particulier parce que le système réveille de nombreux doutes juridiques quant à la conservation des échantillons collectés.

Pour augmenter sa fiabilité, il faudrait que le prélèvement, le transport ainsi que le traitement des échantillons soient accompagnés par un fonctionnaire ayant les compétences nécessaires pour assurer la légalité de la procédure. Cela impliquerait alors un investissement encore plus important. Et donc des sanctions plus élevées.

Par ailleurs, selon Icoval, ce système n’offre pas non plus d’avantages en ce qui concerne la localisation d’animaux perdus ou volés. Comme ils le soulignent, les puces électroniques permettent d’identifier le chien de façon immédiate, après la lecture de son code. En revanche, la comparaison des échantillons génétiques prendraient au moins 2 jours pour donner des résultats fiables.

 

  • animalshealth. Muestra de AND en heces de perros. Extraído de: https://www.animalshealth.es/fileuploads/user/dictamen.pdf
  • Colegio oficial de veterinarios. Censo de animales a través de su ADN. Extraído de. http://covteruel.org/wp-content/uploads/2016/03/ADN-CANINO.pdf