Sanctuaires de primates en Espagne

· 13 septembre 2018
Ils ont été créés pour accueillir ces animaux victimes de mauvais traitements, y compris ceux qui ont été exploités par les cirques ou l'industrie du cinéma. D'autres sont aussi victimes du trafic illégal, très fréquent en Espagne qui se trouve aux portes de l'Afrique.

Chaque jour, la société se montre de plus en plus opposée à l’exploitation des primates. C’est pourquoi plusieurs sanctuaires de primates ont vu le jour en Espagne. Vous pouvez collaborer avec ces derniers de différentes manières et même les visiter pour découvrir en personne leur histoire.

Pourquoi les sanctuaires de primates existent-ils ?

Les primates forment un groupe d’animaux qui entretiennent des liens familiaux forts et qui ont des besoins de socialisation importants. Ils font donc partie des espèces qui souffrent le plus de l’exploitation humaine. Les cirques, les laboratoires et même les ménages qui possèdent des primates remettent ces animaux aux autorité, que ce soit d’un commun accord ou par confiscation.

La plupart des pays du monde, dont l’Espagne, ne disposent pas de centres publics pour accueillir ces animaux. Par conséquent, même si les primates confisqués appartiennent au gouvernement, ils sont conduits dans des centres dont le personnel soigne ces animaux par pur altruisme tout au long de leur vie, sans recevoir d’aide de la part de l’État.

L’Espagne constitue la porte d’entrée du trafic d’animaux sauvages à travers l’Europe. De plus, la législation se montre permissive en ce qui concerne la possession de ces animaux. Cette situation explique pourquoi de nombreux sanctuaires de primates prospèrent dans la péninsule ibérique.

D’où viennent les animaux qui arrivent dans les sanctuaires de primates ?

Ces animaux se retrouvent dans les sanctuaires pour différentes raisons mais la plus inquiétante d’entre elles est le fait qu’ils sont adoptés pour servir d’animaux de compagnie. Pourtant, la possession d’un singe comme animal de compagnie peut être punie par la loi, sans parler du fait que cette situation est dangereuse aussi bien pour les primates que pour leurs propriétaires. Voilà pourquoi de nombreuses personnes déposent leurs primates dans ces centres.

 

Les singes échouent également dans ces centres à causes des cirques. Il y a quelques années, on a interdit l’exploitation de grands singes dans les cirques. Beaucoup de ces animaux se sont alors retrouvés dans des sanctuaires de primates. L’espèce qui a d’ailleurs le plus souffert de cette exploitation est le chimpanzé.

L’industrie audiovisuelle a aussi utilisé ces animaux notamment pour les tournages de publicité ou de films. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte qu’il n’y a rien de drôle à voir un singe portant des vêtements et que les primates qui réalisent certains comportements humains dans des séries ou des films ont beaucoup souffert. Il est toujours possible d’utiliser l’alternative des effets spéciaux afin d’éviter cette torture.

Même si elle est moins courante, la saisie directe, avant leur vente, d’animaux victimes de trafic illégal a également permis de sauver ces singes. Le cas de l’expérimentation est moins courant en Espagne. Néanmoins, comme le dénonce Jane Goodall, beaucoup de pays se servent encore des grands singes pour mener des expériences.

Jane Goodall qui prononce un discours sur les primates

Rainfer, le sanctuaire de primates le plus ancien d’Espagne

En Espagne, le sanctuaire de primates le plus ancien s’appelle Rainfer. Il a ouvert ses portes il y a plus de vingt ans et est dirigé par son fondateur, le biologiste Guillermo Bustelo.

L’objectif de Rainfer consiste à héberger à vie des primates de différentes espèces car ces animaux ne peuvent pas être relâchés dans la nature. De fait, beaucoup d’entre eux sont à peine capables de socialiser avec d’autres membres de leur espèce.

Le centre se situe dans un lieu secret de Madrid. Il peut ainsi préserver les primates de tout désagrément et danger. Vous pouvez le visiter le week-end pour découvrir les histoires des différents résidents du centre et pour apporter une aide financière au centre.

AAP Primadomus, un sanctuaire pour différentes espèces

AAP Primadomus est un centre fondé par une association hollandaise connue sous le nom de AAP. L’association a décidé d’ouvrir un centre à Alicante vu que l’Espagne est considérée comme la porte d’entrée du trafic illégal en Europe, surtout du trafic de la faune du Maroc et d’autres pays du nord de l’Afrique.

Ce centre accueille différents types d’espèces. Il est spécialisé dans les primates. Néanmoins, il abrite aussi de grands félins qui proviennent de cirques. Ce centre n’est qu’un centre de secours. La plupart des animaux qui y vivent sont ensuite déplacés vers des zoos de qualité, que l’ONG se charge d’évaluer elle-même. Ces animaux ne peuvent, en effet, pas être relâchés dans la nature. Primadomus peut ainsi continuer à sauver d’autres animaux.

Fondation MONA, un sanctuaire de primates scientifique

La Fondation MONA est un sanctuaire de primates spécialisé dans les chimpanzés qui abrite un petit nombre d’animaux. Il peut ainsi s’en occuper dans les meilleures conditions. Situé près de Gérone, ce refuge accueille les anciennes stars du cinéma et les victimes du trafic illégal. Il a été fondé par la vétérinaire Olga Feliu.

Ce centre a plus de 15 ans. Il se montre très actif pour mener des recherches dans le but de favoriser la conservation et la compréhension de ces animaux. Chaque année, il organise des cours et délivre des diplômes en primatologie. Il consacre également une part de son énergie à la protection de ces animaux.

Comment puis-je aider les sanctuaires de primates ?

Pour pouvez découvrir tous ces centres en suivant une visite guidée. Celle-ci vous permettra de connaitre les conséquences et les histoires qui se cachent derrière le trafic d’animaux sauvages. Vous aiderez ainsi, par la même occasion, le centre.

chimpanzé dans un sanctuaire de primates qui tend le bras

Contrairement aux zoos, ces centres organisent des visites guidées en petits groupes. Ainsi, les animaux sont moins stressés car ils voient moins de personnes au quotidien.

Même s’ils peuvent compter sur un grand groupe de travailleurs, les sanctuaires ont besoin de l’aide de bénévoles. Les trois sanctuaires cités précédemment proposent des programmes de bénévolat pour tous ceux qui souhaitent donner un coup de main pour nettoyer et nourrir les animaux.

Il est également possible de parrainer certains résidents. Vous pouvez alors faire des dons ou même apporter certains objets pour enrichir l’environnement des animaux. Vous aiderez ainsi les sanctuaires à améliorer les conditions de vie des primates victimes de l’homme.

Le travail de ces centres nous redonne l’espoir de nous réconcilier avec les animaux sauvages, en particulier nos cousins, les primates non humains.