L’Espagne, la porte d’entrée du trafic illégal d’animaux en Europe

· 26 novembre 2018
C'est le pays le plus demandeur de peaux de reptiles telles que les crocodiles ou les serpents. Pas moins de 33% de ces peaux finissent sur le territoire espagnol.

Le trafic illégal d’animaux continue de bénéficier du manque de volonté politique en Espagne. Un pays devenu la porte d’entrée de la contrebande de ces espèces en Europe, selon la célèbre ONG connue sous le nom de WWF.

La lutte contre le trafic illégal d’animaux en suspens en Espagne

Le dernier rapport de l’ONG indique clairement qu’il est impératif d’exiger des plans concrets pour lutter en tant que nation contre le trafic illégal d’animaux en Espagne. La limitation des ressources et des moyens pour lutter contre ce problème rejoint l’explosion des ventes sur Internet. L’Europe continue de vouloir des espèces exotiques. L’Espagne lui facilite la tâche avec sa réaction molle.

Derrière ce problème, il existe un manque de coordination des différentes autorités. Ces dernières ont cruellement besoin d’une formation spécifique dans de nombreuses communautés autonomes. Le manque de sensibilité de la population à ce problème est également un autre problème. Certains ne savent toujours pas qu’avoir un singe comme animal de compagnie est interdit.

Les chiffres du trafic illégal d’animaux en Espagne

Le WWF définit le trafic illégal d’animaux comme un commerce sanglant. Il est étroitement liée au trafic d’êtres humains, à la prostitution, au trafic d’armes et à la drogue. La différence, selon les écologistes, est qu’elle est à peine poursuivie par la Justice. Alors qu’elle pourrait atteindre 20 milliards d’euros de chiffre d’affaire chaque année selon les estimations.

Ce commerce est la deuxième cause de perte de biodiversité dans le monde. Des espèces menacées telles que les tigres ou les rhinocéros sont gravement menacées par le trafic illégal d’animaux dans le monde.

Les chiffres de l’étude sont scandaleux. L’Espagne devient, par exemple, le principal pays destinataire des peaux de serpents, de crocodiles et d’autres reptiles. En effet, un tiers du trafic de ces peaux passe par le territoire espagnol.

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Parmi les victimes du trafic illicite d’animaux en Espagne, le pays a réceptionné 92 000 mammifères et 2,5 millions de reptiles, en plus de plusieurs millions de plantes. Comme la plupart de ces animaux étaient vivants, il est évident qu’ils sont destinés à devenir des futurs animaux de compagnie.

Les espèces victimes du trafic illégal d’animaux

L’Espagne est devenue une passerelle pour ce type de commerce florissant. Les trafiquants envoient des animaux africains tels que le macaque de Gibraltar ou la tortue maure dans toute l’Europe depuis l’Espagne.

Les animaux peuvent également arriver par avion. Des espèces exotiques d’Amérique latine arrivent emballées dans des valises dans nos pays. Ce sont principalement des perroquets, mais on retrouve également des primates ou des reptiles.

L’enquête du WWF met en évidence les produits de chasse et les trophées. En particulier l’ivoire et d’autres parties qui proviennent de l’éléphant d’Afrique. 1 095 trophées de cette espèce ont été saisis en Espagne ces dernières années.

L’une des victimes les plus frappantes du trafic illégal d’animaux est la civelle. Le commerce a énormément augmenté, atteignant 1 500 euros par kilo dans des pays comme la Chine.

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Les refuges espagnols pour animaux, les grands perdants de cette histoire

Le WWF dénonce la situation précaire des centres de sauvetage pour la faune exotique. Sur les 35 centres existants, seuls cinq ont un accord de collaboration. Cependant, celle-ci ne subventionne que 10% des frais réels d’entretien des animaux.

En clair, lorsque les autorités saisissent une espèce dans une affaire de trafic illégal d’animaux, on ne peut pas la renvoyer dans son environnement naturel. On doit donc le garder en captivité dans l’un de ces centres jusqu’à la fin de sa vie.

En effet, une fois saisis, ces animaux deviennent la propriété de l’État espagnol. Ce dernier, au lieu de créer des centres pour abriter ces animaux, «les cède» à des centres pour les garder. De plus, ces derniers ne reçoivent pratiquement aucune aide financière.

Ces centres de secours comprennent plusieurs zoos qui utilisent une partie de leurs installations pour porter secours aux victimes du trafic illégal d’animaux. De plus, il existe des lieux spécialisés, tels que les sanctuaires de primates.

Bien que l’approbation du plan d’action espagnol contre le trafic illicite international d’espèces sauvages soit une avancée positive, le WWF s’est engagé à affecter davantage de ressources économiques et humaines aux centres de secours privés, à l’éducation environnementale et à la lutte contre le trafic illicite des animaux.