Un homme de 109 ans tisse de petits chandails pour aider les pingouins

· 27 novembre 2018
Alfred Date effectue une action très importante à 109 ans. Il est la personne la plus âgée d’Australie. Et il connaît parfaitement les oiseaux palmipèdes qui ont été touchés par les hydrocarbures déversés sur l’île Phillip. Alfred sait tricoter, et c’est ce qu’il a fait pour aider les pingouins.

Cette histoire commence en 2013, à une époque où la Phillip Island’s Peguins Foundation était à la recherche de bénévoles. Ils voulaient venir en aide à ces petits animaux vivant en Nouvelle-Zélande touchés par les hydrocarbures déversés dans le sud de l’Australie.

Alfred a décidé d’aider à sa façon. Il avait appris à tisser en 1932, en confectionnant un maillot pour son neveu nouveau-né, et entrevoyait la possibilité de modifier les dimensions de ses créations pour les adapter aux oiseaux palmipèdes. Avec l’âge, les mains d’Alfred ont perdu de leur habileté, mais chaque vêtement était parfait.

aider les pingouins avec des pulls tricotés pour eux.

L’abri nécessaire pour les pingouins

Dès que les manchots touchés par les marées noires arrivaient à la fondation, on leur donnait un abri pour que l’huile ne s’accroche pas à leurs plumes. En 2001, 438 oiseaux ont été touchés par un déversement sur l’île de Phillip Island, où vit habituellement une colonie de plus de 32 000 manchots. Et grâce aux tricots, environ 97 % de ces oiseaux ont été réhabilités dans la clinique.

Plus de personnes dans l’initiative

Alfred Date, qui a 7 enfants et 20 petits-enfants, n’est pas le seul à avoir collaboré à cette initiative. Des centaines de personnes à travers le monde l’ont suivi. De cette façon, la Fondation des manchots de Phillip Island était aux anges et, en mai 2014, elle a dû demander aux bénévoles de cesser d’envoyer des vêtements : le stock était trop important.

Il se trouve que les idées ne plaisent pas à tout le monde, et certains experts ont déconseillé cette initiative, arguant que ces vêtements pouvaient énormément stresser les pingouins. Ce sont des animaux sauvages qui n’ont eu aucune interaction avec les humains.

Ils ont même dit que les vêtements faisaient coller l’huile déversée plus près de leur peau. Pour sa part, l’organisation internationale de sauvetage d’oiseaux a déclaré que la dernière chose à faire « est de mettre quelque chose sur leurs plumes, parce que cela entraîne une plus grande adhérence de l’huile sur leur peau, de sorte que les manchots et autres oiseaux peuvent surchauffer très rapidement : les vêtements augmentent ce risque ».

En dépit de ces opinions contradictoires, la réalité et les données obtenues dans le cadre du projet ont montré le contraire en ce qui concerne l’utilité de ces chandails, puisque cela a pu sauver la vie d’un grand nombre de ces petits animaux.

Au début, on s’inquiétait énormément pour ces quelque 500 animaux touchés. C’est une grande satisfaction pour le monde entier de pouvoir affirmer que pratiquement tous ont été sauvés.

Dégâts pétroliers

 

aider les pingouins

L’effet de ce produit sur les pingouins est de séparer leurs plumes. De cette façon, l’eau peut passer à travers et leur température baisse, ce qui rend l’animal très lourd. Il devient alors difficile pour eux de chasser leur nourriture : ils meurent de faim. De plus, lorsqu’ils se nettoient avec le bec, ils ingèrent toutes sortes de substances toxiques.

Les motifs des pulls sont tels que le plumage des manchots est resté intact. Et que leurs nageoires et leurs becs ne se retrouvent pas emmêlés. Les vêtements sont en pure laine,. Ainsi, les oiseaux marins peuvent rester au chaud. Mais ne risquent pas non plus de trop souffrir de la chaleur. Il peuvent bien respirer à travers cette matière.

La laine peut également absorber un peu d’hydrocarbure, de sorte que les substances toxiques qui pouvaient atteindre la peau des manchots restent très rares.

Le surplus de vêtements

On a placé les vêtements non-adaptés à la réhabilitation sur des manchots empaillés. Puis on les a vendus pour collecter des fonds. Le montant obtenu servira pour différents projets de recherche et de conservation. Cette utilisation intelligente des ressources a généré un profit intéressant. Cela a permis de financer de nouvelles avancées en faveur des animaux les plus nécessiteux.